Solfège pour violon : comment lire les notes d’une partition

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Apprendre le solfège pour jouer du violon peut sembler intimidant, et lire une partition de violon a de quoi décourager les débutants.

Je sais que beaucoup passent plus de temps à écrire le nom des notes sous chaque symbole qu’à réellement jouer de la musique. À juste titre, vous en avez peut-être marre de devoir retenir où poser les doigts sur la touche du violon à l’aide de schémas/tablatures sans vraiment comprendre.

En tant que prof, j’espère venir à votre rescousse ! 🙂 Dans cet article, je vais vous guider point par point à travers tous les éléments que vous trouverez le plus souvent sur une partition de violon !

Mon objectif est de vous donner une base claire et complète pour comprendre une partition de violon, même si vous êtes débutant.

Si ça vous intéresse, j’évoque dans cet article les raisons pour lesquelles je conseille de combiner l’apprentissage du violon avec l’apprentissage d’un solfège « simplifié » et appliqué à notre ami à 4 cordes. 🎻

Bases du solfège : quelles sont ces notes sur ma partition de violon ?

La fiche mémo :

solfege pour violon infographie

La portée

La portée, c’est comme les petits carreaux d’une feuille d’un cahier: elle sert de repère pour y placer les notes à leurs places respectives.

Elle est composée de 5 lignes parallèles.

Les notes se placent sur les lignes, et entre les lignes. Au plus on monte sur la portée, au plus on monte dans les aigus. Et inversement !

La clé de sol

Il existe bon nombre de clés en musique. La clé d’une partition définit la position des notes sur la portée.

Pour ce qui est du violon, les partitions sont toujours en clé de sol.

La clé de sol nous indique que la note « sol » se retrouve sur la deuxième ligne de la portée, et il en sera toujours ainsi pour nous, les violonistes ! 🙂

Les cordes à vide sur une partition

J’ai écrit les cordes à vide du violon sur cette partition.

Pour rappel, ces 4 notes sont :

  • SOL (en dessous de la 2ème ligne supplémentaire des graves, j’en reparle un peu plus loin dans l’article !)
  • RE (en dessous de la 1ère ligne)
  • LA (entre la 2ème et la 3ème ligne)
  • MI (entre la 4ème et la 5ème ligne)

Les autres notes sur la portée

Entre ces 4 notes, on retrouve bien sûr toutes les autres, y compris le sol 2ème ligne indiqué par la clé !

Les notes altérées (dièse, bémol, bécarre)

Des altérations peuvent être appliquées à certaines notes de la partition. Elles se traduisent par ces différents symboles écrits à gauche de la note :

  • dièse : augmente la note d’un demi-ton
  • bémol : abaisse la note d’un demi-ton
  • double dièse : augmente la note de deux demi-tons
  • double bémol : abaisse la note de deux demi-tons
  • bécarre : annule l’effet de n’importe laquelle de ces altérations

L’armure à la clé

Les altérations écrites en début de chaque ligne à côté de la clé de sol sont valables sur toute la partition, sauf indication contraire (bécarre, dièse ou bémol voire double dièse ou double bémol). Elles constituent l’armure à la clé et permettent d’alléger les partitions de symboles « inutiles ».

Par exemple, une armure composée de 3 dièses (fa, do et sol) signifie que tous les fa, do et sol du morceau seront en réalité des fa dièse, do dièse et sol dièse, sauf indication contraire.

L’ambitus du violon et les lignes supplémentaires

L’ambitus d’un instrument de musique est l’étendue de la note la plus grave à la plus aigue.

La note la plus grave du violon est la corde à vide SOL. Quant à la plus aigue… difficile à dire, mais ça va très haut !!

Les cinq lignes de la portée ne sont pas suffisantes pour couvrir tout l’ambitus de notre instrument, et donc on doit ajouter des lignes :

  • 1 à 2 dans les graves
  • autant que nécessaire dans les aigus !

Les annotations spécifiques au violon

La fiche mémo :

annotations partition de violon

Les indications de doigtés

Pour comprendre comment jouer une note, c’est-à-dire savoir quel doigt de la main gauche utiliser, on écrit au-dessus de la note un chiffre de 0 à 4.

Ce sont les doigtés ! Chaque chiffre correspond à un doigt :

  • 0 : aucun doigt ne doit être posé sur la touche (corde à vide)
  • 1 : l’index
  • 2 : le majeur
  • 3 : l’annulaire
  • 4 : l’auriculaire

Les indications de doigtés aident énormément les débutants. Mais de manière générale, les doigtés ne sont pas écrits pour chaque note, sinon ça alourdirait beaucoup la partition ! 😉

Les indications de coups d’archet

Comme expliqué dans cet article où je parle du rôle de l’archet dans la production du son, il y a deux sens pour frotter la corde : tirer et pousser.

Les liaisons d’archet

Cette courbe qui relie deux notes indique qu’il faut jouer ces 2 notes (et toute note entre ces 2 notes s’il y en a !) dans le même archet. Tout sera tiré, ou poussé selon le sens d’arrivée sur la première note liée. 🙂

En plus du legato (liaisons d’archet), il existe beaucoup d’autres techniques d’archet avec des symboles spécifiques (piqué/martelé, staccato, sautillé, tremolo, etc.). Ce sera l’occasion de publier un article dédié à ce sujet ! 🙂

Autres indications

  • « con sord. » : mettre la sourdine
  • « senza sord. » : retirer la sourdine
  • « pizz. » : jouer en pizzicato
  • « arco » : jouer à l’archet (c’est écrit souvent pour indiquer la fin du pizzicato, car par défaut, on joue à l’archet 🙂 )

Notations avancées (ne s’adresse pas aux débutants)

Les ornements

Entre autres, nous avons :

  • le trille : alternance très rapide de deux notes consécutives
  • l’appoggiature : note courte jouée rapidement avant la note à laquelle elle y est rattachée
  • le mordant : trille plus court

Sur quelle corde jouer ?

Il est parfois indiqué de jouer une note sur une corde plus grave pour avoir un timbre plus chaleureux et plus doux. Implicitement, ça demande de démancher pour des positions souvent supérieures à la troisième.

  • « sul G » pour jouer sur la corde de SOL
  • « sul D » pour jouer sur la corde de RE
  • « sul A » pour jouer sur la corde de LA

Certains écrivent en chiffres romains : « IV » pour corde de SOL, « III » pour corde de RE, « II » pour corde de LA et « I » pour corde de MI.

La longueur des notes et le rythme d’un morceau

La fiche mémo :

solfege rythme violon infographie

Les barres de mesure et la signature rythmique d’une partition

Une partition est divisée en plusieurs sections égales, que l’on appelle des mesures. Elles sont délimitées par des barres de mesure.

Plusieurs remarques à propos des barres de mesure :

  • Une indication d’altération (dièse, bémol, bécarre par exemple) autre que ce qui est indiqué à l’armure est valable tout le long de la mesure, sauf indication contraire au sein de la même mesure ! 😉
  • Une double barre avec 2 points est une barre de reprise : deux barres de reprise délimitent une partie de la partition qu’il faudra jouer 2 fois.
  • La fin de la partition est indiquée par une double barre.

La signature rythmique de la partition de violon, écrite juste après la clé de sol, contient plusieurs informations :

  • Le chiffre du haut = le nombre de notes de base.
  • Le chiffre du bas = la durée d’une note de base. Le plus souvent, la note de base est la noire (« 4) ou la croche (« 8 ») ou la blanche (« 2 »).

Les signatures rythmiques les plus courantes sont :

  • 4/4 : chaque mesure contient 4 noires
  • 3/4 : chaque mesure contient 3 noires
  • 6/8 : chaque mesure contient 6 croches
  • 2/4 : chaque mesure contient 2 noires
  • 9/8 : chaque mesure contient 9 croches
  • 12/8 : chaque mesure contient 12 croches

Les indications de tempo et les pulsations

Une pulsation correspond à la durée d’une note de base, la note de base étant indiquée par la signature rythmique, je le rappelle ! 🙂

Sur certaines partitions, le tempo est indiqué au début (par exemple 50 à la noire). C’est ce qu’il faudra entrer dans le métronome pour qu’il vous émette les pulsations à la bonne vitesse (pour 50 à la noire, il donnera 50 « beep » par minute !) pour vous aider à jouer au bon tempo du morceau.

Le plus souvent, les indications de tempo sont écrites à l’aide de termes italiens comme « Allegro », « Adagio », « Presto », et bien d’autres. Je détaillerai tout ça dans une autre publication car la liste est longue. 😉

La longueur des notes

Jusqu’ici, nous avons symbolisé les notes comme étant des cercles pleins et noirs.

En réalité, une note prend différentes formes en fonction de sa durée :

  • une noire est pleine et a une hampe
  • une ronde est vide et n’a pas de hampe : elle est 4 fois plus longue qu’une noire
  • une blanche est vide et a une hampe : elle est 2 fois plus longue qu’une noire
  • une croche est pleine et a une hampe avec une « excroissance » : elle est 2 fois plus courte qu’une noire
  • une double croche est pleine et a une hampe avec deux « excroissances » : elle est 4 fois plus courte qu’une noire

Bien sûr, il y a pour chacune de ces durées un équivalent en silence (note non jouée pendant une certaine durée) :

  • le silence
  • la pause
  • la demi-pause
  • le soupir
  • le demi-soupir

Exemples

En 4/4, avec une indication de tempo de 70 à la noire, nous avons :

  • 70 pulsations par minutes (données par le métronome)
  • chaque mesure qui dure 4 pulsations
  • chaque mesure qui dure l’équivalent de 4 noires

En 3/4, avec une indication de tempo de 55 à la noire, nous avons :

  • 55 pulsations par minutes (données par le métronome)
  • chaque mesure qui dure 3 pulsations
  • chaque mesure qui dure l’équivalent de 3 noires

En 6/8, avec une indication de tempo de 40 à la croche pointée (c’est-à-dire 120 à la croche), nous avons :

  • 120 pulsations par minutes si on raisonne en croches ou 40 pulsations par minutes si on raisonne en noires pointées (données par le métronome)
  • chaque mesure qui dure 6 pulsations
  • chaque mesure qui dure l’équivalent de 6 croches si on raisonne en croches, ou 2 noires pointées si on raisonne en noires pointées

Les indications de musicalité

Les nuances

Autres aspect du solfège essentiel pour interpréter une pièce en suivant la volonté du compositeur : les nuances ! 🙂

Elles sont indiquées par des abréviations :

  • p pour « piano » en italien, c’est-à-dire doux, pas fort en intensité sonore
  • f pour « forte » en italien, c’est-à-dire fort en intensité sonore
  • mp pour « mezzo piano » : moyennement doux
  • mf pour « mezzo forte » : moyennement fort
  • pp pour « pianissimo » : très doux
  • ff pour « fortissimo » : très fort
  • ppp pour « pianississimo » : très très doux
  • fff pour « fortississimo » : très très fort

Le réel intérêt des nuances n’est pas seulement d’indiquer un volume ou une intensité sonore sur une partition : c’est surtout de permettre d’obtenir des contrastes sonores, des reliefs au sein d’une mélodie. On comprend mieux pourquoi on appelle ces différences subtiles de sonorité des nuances ! 🙂

Dans la même thématique, nous avons :

  • les changements progressifs de nuances
    • le crescendo : augmentation progressive de l’intensité sonore
    • le decrescendo : diminution progressive de l’intensité sonore
  • les changements soudains de nuances
    • sfp pour « piano Sforzando » : la note est accentuée et jouée « forte » puis passe immédiatement à une nuance « piano ».
    • fp pour « forte-piano » : est semblable au piano Sforzando, sauf que la note n’est pas accentuée.

Les variations de tempo

Dans une partition, il arrive que le compositeur fasse varier le tempo de sa pièce.

On retrouve le plus souvent :

  • des changements ponctuels à l’échelle d’une ou quelques mesures :
    • accelerando : en accélérant
    • ritartando : en retardant
  • des changements qui s’étendent sur une bonne partie de la pièce jusqu’à indication contraire :
    • a tempo : retour au tempo
    • indications de tempo, souvent en italien (comme expliqué plus haut dans l’article)

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